L’univers d’Alicia Baker est un monde en équilibre fragile entre la réalité tangible et une zone d’ombre que peu perçoivent. À première vue, il ressemble au nôtre : des villes familières, des rues ordinaires, des vies qui suivent leur cours. Pourtant, sous cette surface rassurante, quelque chose veille, murmure, observe. Alicia Baker est l’une des rares à en ressentir les vibrations.
Depuis l’enfance, elle perçoit des fragments — des éclats de scènes qui ne lui appartiennent pas, des souvenirs qui ne sont pas les siens, des silhouettes qui se tiennent juste au-delà du visible. Ces fragments ne sont ni des rêves ni des hallucinations : ils sont les traces d’un système plus vaste, d’une mécanique ancienne qui façonne le monde sans jamais se montrer entièrement. Alicia n’a pas choisi d’y être liée. Elle en est devenue la clé.
Le cœur de cet univers repose sur un principe simple : tout événement laisse une empreinte, un fragment, une résonance. Certaines disparaissent. D’autres persistent. Et quelques-unes, les plus dangereuses, cherchent à se recomposer.
Ces fragments ne sont pas seulement des souvenirs : ce sont des points de rupture, des failles narratives, des échos d’événements qui ne devraient pas exister. Alicia est capable de les percevoir, de les assembler, parfois même de les influencer — mais chaque intervention a un prix.
Plus elle avance, plus elle comprend que ces fragments ne sont pas isolés. Ils forment un réseau, une architecture invisible qui relie des lieux, des personnes, des époques. Un réseau qui semble converger vers elle.
Autour d’Alicia, les événements se multiplient, comme si quelque chose cherchait à attirer son attention — ou à la détourner.
Des personnes s’effacent sans laisser de trace, comme si leur existence avait été retirée du récit du monde. Seuls quelques objets subsistent, porteurs d’un fragment résiduel que seule Alicia peut lire.
Certains endroits semblent “déphasés”, comme si une version alternative d’eux-mêmes tentait de se superposer à la réalité. Alicia y ressent une pression, une tension, comme si le monde hésitait entre deux états.
Symbole récurrent, le miroir brisé n’est pas qu’un motif visuel : c’est une métaphore de l’univers lui-même. Chaque éclat reflète une vérité différente, un chemin possible, une mémoire oubliée. Alicia comprend peu à peu que ces miroirs sont des portes — ou des avertissements.
Certaines nuits, Alicia entend des phrases qui semblent venir d’un autre temps. Elles ne s’adressent pas à elle… mais elles la traversent. Elles parlent d’un choix, d’un seuil, d’un retour impossible.
Alicia n’est ni une élue ni une héroïne prédestinée. Elle est une anomalie. Une personne qui n’aurait jamais dû percevoir ce qui se cache derrière le voile.
Son rôle n’est pas de sauver le monde, mais de comprendre ce qui cherche à le réécrire. Chaque fragment qu’elle assemble la rapproche d’une vérité plus vaste, mais aussi plus dangereuse. Car certains fragments ne veulent pas être retrouvés.
L’univers d’Alicia Baker est conçu pour s’étendre :
Chaque support révèle une facette différente du même mystère. Aucun ne donne la totalité. Tous sont nécessaires. Cet univers n’est pas linéaire : il est fragmentaire, immersif, vivant. Il évolue avec le lecteur, avec le joueur, avec le spectateur — et parfois contre lui.
L’univers d’Alicia Baker n’est pas seulement une histoire : c’est une exploration de ce qui se cache dans les interstices du réel. Un monde où chaque détail compte, où chaque fragment peut changer la perception du tout. Un monde où Alicia avance seule, guidée par des éclats de vérité que personne d’autre ne peut voir.
Et ce qu’elle découvrira pourrait bien remettre en question la nature même de son existence — et de la nôtre.